PREFACE
J'aurais aimé écrire tant d'articles sur tant de gens, mais il me semble qu'aucun n'aurait été à la hauteur d'aucune de ces personnes, l'article précèdant est un essai, un murmure, un merci.... Je n'ai jamais écrit qu'un seul hommage, je n'avais pas prévu de le publier ici mais... Je ne sais pas, peut être est ce une erreur, peut être pas, je n'en sais rien, je n'ai pas ton habilité
Lenn à écrire des hommages, c'est pour cela que je me sens incapable de t'en écrire un qui serait à la hauteur de ce que tu es... Pardonne moi.
Mais elle, elle je l'ai fait, peut être parce qu'elle ne lira jamais... Il n'est pas parfait, il est trés loin de l'être, mais il a le mérite d'être au moins une infinité d'elle, elle...
CHAPITRE III
Comment écrire... Comment l'écrire ? Comment ne pas trahir ce qu'elle est et fut pour moi ? Comment ne pas en dire trop ou pas assez ? Comment en préserver le secret? Chaque mot me semble un piège...
Kadijah en officiel, Choukou par ses racines, pour moi elle était simplement Léthane... Pas de Tata ou Tati bien que son mariage avec mon parrain en faisait ma tante. Non, seulement Léthane, comme par pudeur... Ce serait presque un mensonge que de la présenter comme ma tante et cela ne m'est pas naturel, ce n'est pas ce que je ressens à son égard. Elle n'était pas plus ou moins qu'une tante, elle était autre chose, une amie, une confidente, un modèle, un guide... Notre intimité s'apparentait plus à une profonde amitié ou complicité qu'à de simples liens familiaux. Ce n'était pas une deuxième mère, notre relation en était complètement différente, je ne l'aimais pas d'un amour filial mais d'un amour tendre et reconnaissant pour ce qu'elle était. Il n'y avait entre nous aucune effusion, comme pour ne pas trahir la nature de ce lien entre nous. Parfois elle était mme de Châtelet et je devenais mme de Marchepied, nous jouions alors aux grandes dames, précieuses et préoccupées par des problèmes... hautement importants. C'était là un de nos jeux, notre jeu, futile mais si drôle, particulièrement quand dans la rue les vieilles dames nous regardaient d'un air interrogateur.
Souvent je la voyais assise dans la clarté de la fenêtre de la cuisine, cigarette à la main et le sourire aux lèvres, son grain de beauté au coin de la pupille qui rendait son regard si particulier, valsait. C'était comme une invitation à arrêter le temps ou tout du moins de cesser de le poursuivre, une invitation à goûter chaque instant de la vie et à en apprécier la saveur. C'est cette image que je conserve d'elle, l'image d'une femme toujours prête à discuter, à savourer chaque instant sans empressement. Une femme qui tout simplement avait compris la valeur des choses simples et la proximité constante du bien être. Elle était là, prête à prendre le temps d'être bien, il suffisait de s'asseoir, d'accepter ce sourire et ce siège.
Elle savait apprécier ce que chacun pouvait lui apporter et chaque rencontre était à ses yeux source d'enrichissement.
Son élégance naturelle et sa simple façon d'être suffisaient à la magnifier, c'était son naturel de rayonner, elle n'avait pour cela aucun besoin de tricher, de jouer ou d'user d'un quelconque artifice. Il émanait d'elle une sorte d'équilibre et de quiétude, comme une aura de bien être qui toujours m'apaisait. Rien ne semblait pouvoir l'ébranler, ni aucun obstacle l'arrêter, elle était comme toute puissante face à son existence.
Pour tout cela, pour tout ce qu'elle était je l'admirais. Elle m'était très chère et j'avoue avoir parfois souhaité l'avoir pour moi seule, comme un trésor que l'on conserverait jalousement. Mais son essence même l'empêchait d'appartenir à quiconque, elle était trop rayonnante, elle a toujours été là pour moi et cela me suffisait. Mais il arrive que les astres s'éteignent ou s'éloignent...
Elle n'était qu'une femme, peut être ne la remarqueriez vous-même pas, mais à mes yeux elle était et est beaucoup plus, et peu importe si je me trompe. C'est quand quelque nous manque que l'on se rend compte de l'ampleur de leur valeur, Léthane était inestimable... Je n'ai pas de regret, sinon de l'avoir peut être trop aimée l'éloignement n'en est que plus dur, mais subsistera toujours en moi le souvenir de son sourire et de ce qu'elle fit pour moi.
Ces quelques mots sont assez faibles, et lus de l'extérieurs ils doivent paraître niais, bien candides, mais je n'ai que ceux là, alors tant pis...